Nouvelle traduction du Notre Père
Article mis en ligne le 1er décembre 2017

par BR
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La traduction du Notre Père change à partir du 3 décembre 2017
La nouvelle traduction de la Bible présente une modification notable de la sixième demande du Notre Père :
« Ne nous soumets pas à la tentation »
devient
« Ne nous laisse pas entrer en tentation »

La décision de modifier la prière du Seigneur n’allait pas de soi : d’abord parce qu’elle est la prière la plus mémorisée par les fidèles, ensuite parce que la traduction en usage a fait l’objet d’un consensus œcuménique. Il fallait donc de sérieuses raisons pour opérer ce changement. Il faut d’abord dire que ce verset est très complexe à traduire. […]
Cependant le problème n’est pas qu’une question de mots. La difficulté est d’exprimer et de comprendre (pour autant qu’on le puisse !) le mystère de Dieu dans sa relation aux hommes et au monde marqué par la présence et la force du mal. Le récit de la tentation de Jésus est éclairant. Il nous est rapporté par les trois Évangiles de Matthieu, Marc et Luc, et toujours selon la même séquence, aussitôt après le baptême de Jésus dans le Jourdain.

La nouvelle traduction, « Ne nous laisse pas entrer en tentation », écarte l’idée que Dieu lui-même pourrait nous soumettre à la tentation. Le verbe « entrer » reprend l’idée ou l’image du terme grec d’un mouvement, comme on va au combat, et c’est bien du combat spirituel dont il s’agit. Mais cette épreuve de la tentation est redoutable pour le fidèle.
Si le Seigneur, lorsque l’heure fut venue de l’affrontement décisif avec le prince de ce monde, a lui-même prié au jardin de Gethsémani : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi » (Mt 26,39), à plus forte raison le disciple qui n’est pas plus grand que le maître demande pour lui-même et pour ses frères en humanité : « Ne nous laisse pas entrer en tentation. » […]

Le problème de l’unité de formulation de la prière lorsqu’il s’agit de la prière du Seigneur est réel. Les Églises orthodoxes et protestantes (réformés et luthériens) ayant été consultées ont répondu que cette nouvelle traduction de la sixième demande ne poserait pas sur le fond de problème œcuménique. L’enjeu pastoral et doctrinal d’une mauvaise compréhension de la formulation en usage est tel que les évêques catholiques ont estimé que le temps était venu de modifier cette traduction.

Père Jacques Rideau,
ancien directeur du Service National de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle


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