Fosses : 2 mai 1672.
Article mis en ligne le 17 avril 2017
dernière modification le 6 mai 2017

par JD
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L’atmosphère qui régnait dans le village, en ce 2 mai 1672, devait être empreinte de fébrilité. Depuis la veille, l’église avait été nettoyée, récurée, les vases sacrés avait été astiqués, les habits sacerdotaux soigneusement rangés essayant de cacher au mieux les traces d’usure et les accrocs. Le reliquaire et les fonds baptismaux avait fait l’objet d’un soin particulier.
En ce matin même, le curé vérifiait une dernière fois sa soutane, ajustait sa barrette, quant au marguillier [1], il vérifiait encore une fois ses registres de compte.
Je suppose que depuis l’aube, sur le chemin de Beaumont, des enfants guettaient l’arrivée de la calèche de Messire Ameline, l’Archidiacre de l’évêché.
Chaque année l’Archevêché de Paris, dont nous dépendions à l’époque, faisait procéder à une inspection des paroisses par un archidiacre. L’état du bâtiment, des habits sacerdotaux, des vases sacrés, du baptistère, des registres [2] , etc., étaient scrupuleusement inspectés. Sans oublier, bien sûr, l’exactitude et la ponctualité des comptes tenus par le Marguillier. Le nombre de communiants était souvent indiqué, la qualité de l’enseignement du catéchisme était vérifiée ainsi que celui professé par l’Instituteur, quand il y en avait un. Même le travail de la sage-femme était jugé [3] . Ces visites donnaient lieu à un rapport dont certains nous sont parvenus.


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Les rapports de l’archidiacre Ameline de 1672 et 1673 nous ont été précieux pour connaître les petits détails de la paroisse, et nous avons ainsi une description précise du reliquaire et de son contenu :

On y trouvait «  un bras en bois doré contenant un os du bras de st Etienne, enveloppé d’une toile de satin rouge avec une inscription « très antique » mais sans titre. Un autre petit reliquaire séparé en 4 et qui contenait des reliques de Sainte Marguerite et encore plusieurs reliques très anciennes sans titre ni inscription. Deux chefs en bois doré dans l’un desquels est la tête toute entière de st Vit de laquelle on a pris quelques fragments. Dans l’autre chef se trouve la tête de st Modeste séparée et rompue en deux. La tête de St Modeste avait été coupée en 2 car il était coutume pour la Saint Guy, le 15 juin, de tremper les reliques dans l’eau et de faire boire cette eau aux malades. Ceux-ci, au dire du curé, éprouvaient un grand soulagement. En cette occasion les reliques étaient portées en procession dans le village.
Les fragments pris sur les reliques de St Vit auraient servi lors de la consécration de la nouvelle église de Montmélian.
Au-dessus du reliquaire se trouve un écusson en forme de besace aux armes du Royaume de France
. »
L’accès était clos par une forte porte en bois et une grille de fer. Le curé possédait la clé de la grille et le marguillier détenait celle de la porte .
Les têtes en bois, de 32 et 37 cm de haut, dataient du 16ème siècle. Elles se trouvaient toujours dans l’église en 1977, étaient indiquées comme étant en mauvais état et n’étaient pas classées. En 1985 elles avaient disparu.

Reconstitution à partir de photographies [4]

Paraphe de l’Archidiacre sur le registre des B.M.S.

Notes :

[1Le marguillier était chargé des comptes de la Paroisse

[2Registre des Baptême, Mariages, Sépultures (B.M.S.)

[3La sage-femme devait pouvoir pratiquer l’ondoiement d’un nouveau-né en détresse vitale L’archidiacre pouvait confirmer ou démettre une matrone..

[4Travail de Mme Rose-Marie Protat.



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