La tradition du partage : une interpellation toujours d’actualité !
Article mis en ligne le 12 février 2017
dernière modification le 29 septembre 2017

par BR
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Dimanche 5 février, une petite chasse contenant 2 morceaux de pain a été apportée à la messe de Saint Vit, en mémoire de siècles de générosité et de partage vécus par les religieuses de Chelles (77), depuis Sainte Bathilde (VIIème siècle, ancienne reine de France) jusqu’à la révolution française. Cette chasse est détenue par un paroissien de Saint-Witz qui l’a reçue de son père, puisque sa famille en a été dépositaire depuis la disparition de l’abbaye de Chelles en 1790. Elle est précieusement conservée et présentée une fois par an aux paroissiens de Chelles ou de la paroisse locale : l’appel au partage reste malheureusement toujours d’une brulante actualité !
La célébration s’est joyeusement terminée autour de boissons et de petits pains partagés...

Résumé de l’histoire des pains de Sainte Bathilde

Le 30 janvier 680, Sainte Bathilde mourut après s’être retirée dans l’Abbaye royale de Chelles (actuelle Seine et marne), qu’elle avait fait construire. Tous les 30 janvier, sa mémoire est honorée pour sa bonté envers les pauvres. Elle était la fille du roi Saxon Eobad et fut capturée toute jeune sur la côte anglaise par des vikings. Mise en esclavage elle fut vendue au Maître du Palais du roi des Francs. Clovis II la remarqua et l’épousa. D’esclave elle devenait reine et ne l’oublia pas. Elle vendit sa vaisselle en or et ses riches parures, en distribua le produit aux pauvres, restaura de nombreux monastères en ruine, en construisit d’autres comme celui de Corbie et l’Abbaye Royale de Chelles et y installa des moniales.

Elle fit construire le premier hôpital-asile à Paris sous le nom ’’d’Hôtel Dieu’’. Il y avait aussi un ’’Hôtel Dieu’’ dans l’Abbaye de Chelles. Les abbesses payaient le médecin, les médicaments et la nourriture pour les malades.

L’abbaye était riche de ses terres royales et des dots versées par les familles nobles des moniales. En cas de disette l’abbesse faisait distribuer du pain, du vin, du bois pour l’hiver, et des vêtements aux pauvres. Cette tradition perdurera jusqu’à la révolution en la manifestant par une distribution tous les 30 janvier, date anniversaire du décès de Sainte Bathilde.
Les pauvres venaient de toute l’Ile-de-France et il est écrit qu’à certaines époques il était donné 2000 pains de deux livres (1kg) et partagé une queue de vin (600 litres). Le 30 janvier 1790 eut lieu la dernière ’’donnée’’ aux pauvres. Les biens de l’abbaye furent confisqués, les moniales chassées, et l’abbaye détruite.

Un paroissien garda un morceau de pain béni, le mit dans une châsse, qui resta dans la famille et fut transmise de génération en génération. Le descendant actuel est devenu paroissien à Saint Witz, et il s’en dit seulement ’’dépositaire’’.

Une façon de se souvenir que de tous temps, depuis les premiers chrétiens, l’aide aux plus pauvre a existé... Pour mémoire, rappelons que le Secours Catholique a été crée en 1946 par l’Abbé Jean Rodhain.

Jean-Olivier Bourbon



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